Comment tester un capteur de pression de suralimentation : méthode précise et fiable

Comment Tester un Capteur de Pression de Suralimentation : Plan d’Article SEO Détaillé #

Rôle et fonctionnement du capteur de pression de suralimentation #

Le capteur de pression de suralimentation est un composant électronique actif, le plus souvent de technologie piézorésistive : une petite céramique intègre des résistances dont la valeur varie en fonction de la pression appliquée. L’ensemble convertit cette pression en une tension électrique proportionnelle, lisible par le calculateur moteur. Sur un moteur moderne, comme un 2.0 TDI du groupe Volkswagen ou un 1.6 HDi PSA, ce capteur se situe généralement sur le collecteur d’admission, sur une tubulure de suralimentation ou intégré au boîtier papillon. L’accessibilité varie fortement selon la conception : sur une BMW 330d E46, il est monté après le turbo, alors que sur un Renault Grand Scénic 2 1.9 dCi, il se trouve au milieu droit du compartiment moteur, à proximité de la batterie.

La fonction centrale de ce capteur reste le calcul de la charge moteur. Le calculateur croise la pression d’admission fournie par la sonde de suralimentation avec d’autres informations : température d’air d’admission (IAT), débit d’air mesuré par le débitmètre (MAF), position papillon, voire pression atmosphérique sur certains systèmes. À partir de ces données, il ajuste en temps réel :

  • la durée d’injection et la quantité de carburant,
  • la consigne de pression de turbo (wastegate ou géométrie variable),
  • la gestion antipollution (EGR, post-injection, FAP).

Lorsque le capteur transmet des valeurs erronées, la régulation se dérègle. Nous constatons alors une pression de suralimentation mal contrôlée, l’apparition de défauts OBD, une chute de performance et souvent une hausse des émissions de NOx et particules, surveillées depuis l’introduction des normes Euro 5 en 2009 et Euro 6 en 2014.

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Différence entre capteur MAP, capteur de pression turbo et autres capteurs de pression #

Les termes capteur MAP, capteur de pression turbo et capteur de suralimentation désignent, dans la majorité des cas, le même type de composant. Le capteur MAP (Manifold Absolute Pressure) mesure la pression absolue dans le collecteur d’admission, tandis que certains constructeurs, comme Mercedes-Benz AG ou Ford Motor Company, ajoutent un second capteur sur la durite de suralimentation ou en sortie d’échangeur pour comparer pression en amont et en aval. Sur les gros diesel utilitaires, on peut rencontrer plusieurs capteurs de pression pour surveiller l’admission, l’échappement et le FAP.

Nous devons distinguer ce capteur d’autres organes de mesure :

  • le débitmètre d’air (MAF), qui mesure un débit massique plutôt qu’une pression,
  • le capteur de pression atmosphérique, parfois intégré au calculateur,
  • les capteurs de pression rail sur les systèmes Common Rail, dédiés à la pression de carburant.

Identifier précisément le bon capteur avant un test ou un remplacement évite des erreurs coûteuses, surtout sur des véhicules complexes comme un Volkswagen Touareg V6 TDI ou une Audi A4 2.0 TFSI, où l’architecture d’admission est dense.

Symptômes typiques d’un capteur de pression de suralimentation défaillant #

Un capteur de pression défaillant génère des symptômes proches d’un problème de turbo, ce qui explique les remplacements de turbocompresseurs parfois injustifiés. Nous rencontrons souvent :

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  • perte de puissance marquée, surtout à partir de 2 000 tr/min,
  • coupure de suralimentation à forte charge et passage en mode dégradé,
  • ralenti instable ou oscillant sur les moteurs essence turbocompressés,
  • accélérations par à-coups et trou à l’accélération,
  • voyant moteur ou voyant de gestion moteur allumé.

Ces manifestations ne prouvent pas que le capteur est hors service : elles peuvent provenir d’une fuite d’admission, d’un turbo grippé, d’une électrovanne de commande défaillante ou d’une EGR bloquée. L’étape indispensable reste la lecture des codes défaut OBD. Lorsque les codes P0234 et P0235 apparaissent, ils signalent une anomalie de surpression ou sous-pression de suralimentation. Les codes P0236 à P0242 ciblent plus spécifiquement le capteur de pression absolue du collecteur. Notre point de vue : sans lecture structurée des défauts, le diagnostic reste aléatoire.

Outils et équipements nécessaires pour tester un capteur de pression de suralimentation #

Un test fiable s’appuie sur un minimum d’outillage. À partir d’un budget d’environ 150 à 300 € en 2024, nous pouvons constituer un kit performant inspiré des pratiques des réseaux comme Bosch Car Service ou AD Auto Distribution. Les outils essentiels sont :

  • un multimètre numérique précis pour mesurer les tensions DC,
  • un manomètre de pression ou une pompe à vide/pression graduée jusqu’à 2–3 bar,
  • une valise de diagnostic OBD (outil OEM ou multimarque type Delphi, Bosch KTS, Launch),
  • un jeu de clés, douilles et tournevis pour déposer le capteur,
  • un nettoyant contact électrique de qualité (gamme Würth ou Facom),
  • la documentation constructeur ou une base de données technique (Autodata, Haynes Pro) pour les valeurs de référence.

Le manomètre permet de comparer la pression réelle à celle calculée par le capteur, le multimètre vérifie l’alimentation 5 V et le signal de sortie, tandis que la valise OBD fournit les paramètres en temps réel et les codes d’erreur. Sans données constructeur (plages de pression, courbes tension/pression, brochage), l’interprétation reste approximative, surtout sur des moteurs récents comme les blocs 1.5 BlueHDi ou 1.3 TCe.

Utilisation du multimètre : vérification de l’alimentation et du signal #

Le multimètre se règle en mode voltmètre DC. Un capteur de pression de suralimentation dispose en général de 3 broches : masse, +5 V d’alimentation issu du calculateur, et signal de sortie. Sur certains systèmes, une quatrième broche peut être dédiée à la température d’air. Sur un moteur BMW 330d E46 M57, la procédure recommandée par plusieurs préparateurs en Europe consiste à contrôler la présence des 5 V entre la broche d’alimentation et la masse, contact mis, moteur arrêté. Une tension stable proche de 5,0 V indique un faisceau et un calculateur a priori en bon état.

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Nous déconseillons l’usage du mode ohmmètre sur ce type de capteur électronique actif, au risque d’obtenir des valeurs incohérentes voire de solliciter la puce interne de manière inappropriée. La mesure pertinente reste la tension. Le code couleur des fils varie selon les marques, ce qui impose de se référer au schéma électrique constructeur. Sur certains véhicules du groupe Renault-Nissan, un fil marron correspond à la masse, un fil rouge au +5 V et un fil jaune au signal, alors que sur des modèles VAG, la normalisation est différente.

  • Ne jamais tester ce capteur comme une simple résistance : ce n’est pas un capteur passif type sonde de température NTC.
  • Toujours confirmer le brochage avant de poser les pointes de touche.

Manomètre de pression et source de pression contrôlée #

Le manomètre ou la pompe à pression/vide graduée joue un rôle clé pour vérifier la cohérence entre la pression appliquée et la tension de sortie du capteur. Sur un moteur turbocompressé moderne (par exemple un 2.0 TDI 150 ch ou un 1.5 dCi 110 ch), la pression de suralimentation maximale se situe souvent entre 1,5 et 2,0 bar relatifs, soit une pression absolue de l’ordre de 2,5 à 3,0 bar selon la pression atmosphérique.

En atelier, nous privilégions :

  • un manomètre mécanique de qualité, lisible, pour les tests sur le circuit d’admission,
  • une pompe manuelle type Mityvac avec manomètre, pour appliquer une pression contrôlée directement sur l’entrée du capteur sur établi.

La connexion doit rester parfaitement étanche, que ce soit sur une durite de suralimentation ou sur le capteur démonté. Toute fuite faussera la relation pression/tension et pourra faire conclure, à tort, à une défaillance de capteur.

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Outil de diagnostic OBD et lecture des données moteur #

Une valise de diagnostic OBD moderne, qu’il s’agisse d’un outil constructeur (DiagBox pour Peugeot/Citro?n, Clip pour Renault, ISTA-D pour BMW) ou multimarque, nous offre un accès précis :

  • aux codes défaut mémorisés (P0234, P0235, P0236… ),
  • aux valeurs de pression de suralimentation en temps réel,
  • à la consigne de pression turbo calculée par l’ECU,
  • à la pression atmosphérique mesurée, utile pour comparer au ralenti.

Nombre de logiciels actuels, comme les solutions proposées par Autel ou Launch Tech, permettent d’enregistrer des courbes de pression pendant un essai routier. Sur un 0–100 km/h ou une montée en charge en 3e, nous visualisons si la valeur mesurée suit correctement la consigne. Cette approche est très efficace pour diagnostiquer des défauts intermittents, qui n’apparaissent qu’à chaud ou à haut régime.

Étapes préliminaires avant le test du capteur #

Avant de conclure à une panne de capteur, nous devons nous assurer que l’environnement de fonctionnement n’est pas déjà défaillant. Une méthodologie inspirée des procédures de réseaux comme Volkswagen Service ou Mercedes-Benz Service consiste à vérifier d’abord les éléments simples :

  • tension batterie correcte (au moins 12,4 V à l’arrêt),
  • fusibles d’alimentation moteur intacts,
  • aucun fil coupé ou broche tordue sur le faisceau moteur,
  • absence de fuites visibles sur les durites de suralimentation, l’échangeur et le collecteur.

Nous recommandons de relever tous les codes d’erreur présents, en notant les conditions d’apparition des symptômes : à froid, à chaud, à pleine charge, lors d’un dépassement, etc. Une analyse contextualisée évite de mettre en cause le capteur alors que le problème se trouve sur la ligne de suralimentation ou le système d’échappement.

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Inspection visuelle du capteur, des connecteurs et du faisceau #

Un contrôle visuel minutieux permet souvent de résoudre des pannes qualifiées de complexes ?. Sur le capteur lui-même, nous observons :

  • la présence éventuelle d’huile, de suie ou de dépôts sur l’orifice de mesure,
  • l’état du connecteur (verrouillage, jeu, oxydation),
  • l’intégrité de la gaine de faisceau (frottements sur une partie métallique, traces de chaleur ou d’écrasement).

Un simple mauvais contact peut provoquer des valeurs de pression erratiques et des défauts intermittents. Nous conseillons l’usage d’un nettoyant contact électrique homologué, appliqué avec parcimonie, puis un nouvel essai routier. Si la symptomatologie disparaît après ce nettoyage, la cause était probablement liée à l’oxydation du connecteur plutôt qu’à une panne interne du capteur.

Vérification des fuites sur le circuit d’admission et de suralimentation #

Un circuit de turbo non étanche, avec durites fissurées, colliers desserrés ou échangeur percé, provoque une perte de performance tout en générant des défauts de pression de suralimentation qui peuvent faire suspecter à tort le capteur. Sur les moteurs équipant des Renault Trafic ou des Volkswagen Transporter T5, les fuites d’échangeur sont fréquentes après plusieurs centaines de milliers de kilomètres.

Pour détecter ces problèmes, les professionnels utilisent :

  • une inspection visuelle complète des durites et raccords,
  • un test de fumigène sur le circuit d’admission,
  • un test de pression statique avec un bouchon pressurisé.

Notre avis : tant que le circuit d’admission n’est pas parfaitement étanche, les mesures de pression ne sont pas pleinement exploitables pour juger du capteur.

Méthodologie de test du capteur de pression de suralimentation #

La procédure de test du capteur de suralimentation s’articule autour de trois volets : vérification de l’alimentation électrique, contrôle du signal de sortie et comparaison pression réelle / pression mesurée. Certaines opérations se réalisent contact mis moteur arrêté, d’autres moteur tournant ou capteur sur établi. Nous gardons en tête les règles de sécurité : véhicule calé, frein à main serré, pièces en mouvement ou chaudes éloignées des mains et des outils.

  • Étape 1 : contrôler l’alimentation 5 V et la masse.
  • Étape 2 : analyser le signal de sortie en fonction de la pression.
  • Étape 3 : confronter les valeurs mesurées à la valise OBD et au manomètre.

Cette méthodologie, reprise dans de nombreux guides de réseaux comme Icarsoft France ou Auto-platinium, fournit une base fiable pour décider d’un remplacement ou non du capteur.

Vérification de l’alimentation du capteur au multimètre #

Nous commençons contact mis, moteur arrêté. Le connecteur du capteur est débranché, puis nous identifions la broche +5 V et la broche de masse à l’aide d’un schéma constructeur ou d’une base technique reconnue. Le multimètre, en mode DC, doit afficher environ 5 V entre ces deux bornes, avec une stabilité satisfaisante. Sur un moteur BMW M57, la documentation interne indique une tolérance typique de ?0,2 V autour de cette valeur.

Si la tension est absente, très faible ou instable, nous orientons le diagnostic vers :

  • un fusible de gestion moteur grillé,
  • un faisceau coupé ou oxydé,
  • un calculateur moteur (ECU) défectueux.

Dans cette configuration, accuser le capteur serait une erreur. Un contrôle de continuité du faisceau entre capteur et calculateur, réalisé moteur coupé batterie débranchée, permet de confirmer ou non une rupture de conducteur.

Test du signal de sortie en fonction de la pression appliquée #

Une fois l’alimentation 5 V validée, nous reconnectons le capteur. Le multimètre se repique sur le fil de signal (en parallèle, via des aiguilles de back-probing), toujours en mode DC. Avec une pompe à pression ou en mettant le circuit d’admission sous pression contrôlée, nous faisons varier la pression appliquée à l’entrée du capteur.

  • À pression proche de l’atmosphérique : tension d’environ 0,5 à 1,0 V.
  • En suralimentation modérée : tension autour de 2 à 3 V.
  • À forte charge : tension qui s’approche de 4 à 4,5 V, selon les spécifications constructeur.

La courbe doit évoluer progressivement et logiquement avec la pression. Une tension fixe, des sauts brutaux ou une valeur hors plage sont des signaux forts de capteur défectueux. Nous comparons toujours ces valeurs aux données constructeur, qui spécifient souvent le rapport tension/pression à plusieurs points de fonctionnement.

Contrôle dynamique avec valise de diagnostic et essai routier #

Pour les cas plus délicats, notamment sur des véhicules récents comme les Peugeot 3008 BlueHDi ou Volkswagen Golf 7 TSI, un contrôle dynamique s’impose. La valise de diagnostic est branchée, puis nous traçons la pression de suralimentation mesurée et la consigne de pression turbo sur un essai routier (accélération en 3e ou 4e de 1 500 à 4 000 tr/min).

  • Si la mesure suit fidèlement la consigne, le capteur semble fonctionnel.
  • Si la mesure plafonne bien en dessous de la consigne, le capteur ou le circuit de suralimentation est en cause.
  • Si la mesure diverge totalement du comportement moteur (pression annoncée élevée sans sensation de couple), nous suspectons une erreur de mesure.

Ce type de test aide aussi à distinguer : capteur en défaut, turbo grippé, wastegate bloquée, géométrie variable encrassée ou électrovanne de commande HS.

Exemple chiffré de test sur un moteur turbodiesel #

Prenons un moteur diesel turbocompressé courant, comme un 2.0 HDi 140 ch. Au ralenti, vers 800 tr/min, la pression d’admission se situe proche de la pression atmosphérique, soit environ 1 bar absolu. Le capteur peut afficher une tension de l’ordre de 0,8–1,0 V. En charge partielle à 2 000 tr/min, avec une suralimentation modérée (1,3–1,5 bar absolu), nous observons typiquement 2–2,5 V. À pleine charge vers 2 500–3 000 tr/min, la pression peut monter à 2,5–3 bar absolu, avec une tension proche de 4–4,5 V.

Deux cas représentatifs :

  • Tension bloquée à 1 V quelle que soit la pression : capteur très probablement HS, circuit de mesure saturé.
  • Tension qui augmente mais trop faiblement par rapport à la montée de pression mesurée au manomètre : capteur encrassé ou cellule interne fatiguée.

Notre avis : dès qu’un capteur montre une dérive marquée par rapport aux données constructeur, nous recommandons le remplacement, car ces dérives s’accentuent avec le temps.

Interprétation des résultats et identification des problèmes #

Une fois toutes les mesures effectuées (tension d’alimentation, signal, pression réelle, valeurs OBD), nous pouvons structurer le diagnostic. Les principaux scénarios sont :

  • Pas de 5 V au capteur, mais faisceau ou fusible en cause : capteur innocent.
  • 5 V OK, mais signal incohérent ou fixe : capteur suspect numéro un.
  • Pression réelle au manomètre correcte, mais valeur OBD erronée : problème de capteur ou de faisceau.
  • Pression réelle anormale et capteur cohérent : problème mécanique de turbo ou de circuit d’admission.

Nous ne concluons à un capteur HS que lorsque l’ensemble des tests électriques et des comparaisons de valeurs convergent. Une approche graduée, proche de celle appliquée dans les centres techniques de constructeurs comme Stellantis ou Hyundai Motor Company, limite les remplacements injustifiés.

Valeurs cohérentes mais performance moteur toujours dégradée #

Il arrive que le capteur de suralimentation se révèle conforme : 5 V présents, signal évolutif logique, pression cohérente au manomètre et à la valise. Pourtant, le moteur reste anémique. Dans ce cas, nous orientons le diagnostic vers :

  • une fuite de suralimentation non détectée,
  • un turbo fatigué (jeu axial, géométrie variable grippée),
  • une vanne EGR bloquée ouverte,
  • un catalyseur ou FAP colmaté.

Les codes défaut associés peuvent alors pointer vers l’EGR (type P0401), le FAP (différence de pression excessive) ou la suralimentation insuffisante malgré un capteur correct. Le test du capteur sert ici à l’innocenter et à recentrer l’analyse sur le turbo et l’échappement.

Cas pratiques : scénarios fréquents et solutions #

Sur le terrain, nous rencontrons des schémas récurrents. Quelques cas représentatifs, observés dans des ateliers indépendants en France en 2023 :

  • Véhicule en mode dégradé à forte charge, code de pression de suralimentation : sur un BMW 330d E46, le test en volts montre un capteur encrassé mesurant systématiquement une pression trop basse. Nettoyage insuffisant, remplacement par un capteur d’origine BMW, problèmes résolus.
  • Absence de tension d’alimentation : sur un Renault Grand Scénic 2, la valise remonte des codes de capteur MAP, mais la mesure montre 0 V en alimentation. Un fusible d’injection grillé suite à un court-circuit sur une autre ligne était en cause. Remplacement du fusible, le capteur fonctionne à nouveau.
  • Connecteur oxydé provoquant des coupures de signal : sur un Volkswagen Golf 5 TDI, les à-coups et passages en mode dégradé disparaissent après nettoyage et remise en état d’un connecteur exposé à l’humidité.

Ces exemples montrent à quel point une lecture rigoureuse des mesures et une inspection soigneuse peuvent éviter des remplacements de turbo inutiles, dont le coût dépasse souvent 1 000 € pièces et main-d’œuvre.

Erreurs courantes lors du test et comment les éviter #

Les erreurs récurrentes, observées autant chez des amateurs que chez des professionnels pressés, ont un point commun : elles court-circuitent une partie de la démarche. Nous constatons régulièrement :

  • un test du capteur en ohms, comme une simple résistance,
  • une confusion des broches alimentation / masse / signal,
  • un diagnostic mené sans vérifier la batterie ni les fusibles,
  • l’oubli de contrôler les fuites d’admission,
  • le remplacement direct du capteur sans aucun test électrique.

Notre recommandation : adopter un protocole structuré, un peu à la manière des procédures de diagnostic des réseaux officiels, et se référer systématiquement aux valeurs constructeur. Cela réduit les risques d’erreurs d’interprétation et préserve le budget de maintenance.

Mauvaise utilisation du multimètre et interprétation erronée des tensions #

Le multimètre reste l’outil central… à condition de bien l’utiliser. Les pièges fréquents sont :

  • polarité inversée (pointes de touche inversées),
  • mauvaise plage de mesure (AC au lieu de DC),
  • prise de masse sur un point peint ou mal connecté,
  • mesure effectuée sur le mauvais fil, faute d’avoir identifié la bonne broche.

Ces erreurs peuvent faire conclure, à tort, à l’absence de 5 V ou à un signal incohérent. Nous conseillons toujours de vérifier le multimètre sur une batterie 12 V connue, de stabiliser les pointes de touche avec des adaptateurs fins, et de répéter les mesures. Chaque capteur possède sa courbe tension/pression spécifique, consultable sur les bases techniques ; sans ces références, l’interprétation reste approximative.

Confusion entre problème de capteur, problème de turbo et problème de calculateur #

Une pression de suralimentation incorrecte ne signifie pas systématiquement capteur HS ?. Les causes peuvent être mécaniques ou électroniques :

  • géométrie variable grippée sur un turbo VNT,
  • wastegate bloquée sur les anciens turbos,
  • électrovanne de commande de turbo défaillante,
  • calculateur passé en mode sécurité après plusieurs surpressions.

Les mesures au manomètre, les tests électriques et les relevés OBD permettent, dans la majorité des cas, de discriminer capteur, turbo et ECU. Dans des cas plus rares, un calculateur moteur peut mal interpréter un signal correct ; un diagnostic constructeur approfondi est alors nécessaire, parfois accompagné d’une mise à jour logicielle lors d’une campagne technique.

Entretien, nettoyage et bonnes pratiques pour prolonger la durée de vie du capteur #

Le capteur de pression de suralimentation ne fait pas partie des pièces classées en maintenance courante, pourtant quelques gestes simples prolongent sa durée de vie, en particulier sur des véhicules très kilométrés (plus de 200 000 km). Nous recommandons :

  • une inspection visuelle périodique du capteur et de son connecteur,
  • un nettoyage délicat des dépôts d’huile et de suie avec un produit adapté, sans brosser la partie sensible,
  • une vérification régulière des durites et colliers de suralimentation,
  • un contrôle du faisceau lors d’interventions importantes (remplacement turbo, distribution).

Un capteur propre et bien alimenté contribue directement à la performance du moteur, à la consommation maîtrisée et à la longévité du turbo. Nous préconisons de débrancher la batterie avant toute intervention sur le faisceau, et de respecter les couples de serrage indiqués par le constructeur quand le capteur est fixé par vis.

Quand nettoyer, quand remplacer le capteur ? #

La frontière entre nettoyage suffisant et remplacement nécessaire se décide au regard des tests. Si le capteur est simplement encrassé, mais que les valeurs retrouvent leur cohérence après nettoyage (tension évolutive logique, pression conforme au manomètre et à l’OBD), nous pouvons conserver la pièce. En revanche, si le diagnostic révèle un signal bloqué, intermittent ou hors plage, le remplacement s’impose.

  • Signal stable et correct après nettoyage : capteur conservé, contrôle périodique recommandé.
  • Signal erratique malgré une alimentation et un faisceau irréprochables : capteur à remplacer.

Étant donné le rôle central de ce capteur dans la gestion de la pression de suralimentation, tirer sur le budget avec une pièce de qualité médiocre peut générer des pannes récurrentes, voire contribuer à une casse turbo dont le coût dépasse souvent 1 200 €. Nous conseillons de privilégier des pièces OEM ou de fabricants reconnus (comme Bosch, Delphi Technologies, Continental), en vérifiant la compatibilité par le numéro de référence constructeur.

Conclusion : Résumé, conseils clés et appel à l’action #

Le capteur de pression de suralimentation occupe une place déterminante dans la performance moteur, la consommation et la durabilité du turbo. Un diagnostic structuré, appuyé sur le multimètre, le manomètre et la valise de diagnostic, permet de distinguer avec précision un capteur réellement défectueux d’un problème de faisceau, de turbo ou d’étanchéité d’admission. Nous jugeons contre-productif de remplacer ce composant sans tests préalables, alors que de nombreux cas se résolvent par une réparation de faisceau, un nettoyage ou la remise en état du circuit de suralimentation.

  • Adoptez une méthodologie pas à pas pour tester le capteur.
  • Consultez les données constructeur pour interpréter correctement vos mesures.
  • Intégrez le contrôle de ce capteur à une maintenance préventive globale du système de suralimentation.

Nous vous invitons à appliquer cette démarche sur votre propre véhicule turbocompressé, à consigner vos mesures et à solliciter un professionnel qualifié si certaines valeurs restent difficiles à interpréter. Une approche rigoureuse, technique et documentée est, à notre avis, la meilleure garantie pour conserver un moteur fiable, performant et économique sur le long terme.

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